Veille pédagogique

L'évaluation par les pairs

L’évaluation par les pairs est bien connue des chercheurs, elle consiste à produire une évaluation sur le travail d’un autre chercheur en vue d’une publication.

Ce type d’évaluation peut être transféré dans l’enseignement. Il s’agira de demander à des étudiants d’évaluer le travail d’autres étudiants avec une liste précise de critères. Les plateformes, type Moodle, facilitent maintenant la mise en œuvre de ce type de dispositif.  

L’enseignant peut y trouver plusieurs intérêts :

  • Les apprenants disposent de différents retours en plus de l’enseignant.
  • Ils s’approprient les critères d’évaluation et adoptent une attitude réflexive sur leur  production.
  • Ils s’impliquent plus et peuvent améliorer leurs travaux.

De plus, ce dispositif permet de gérer l’évaluation de travaux d’une grande cohorte d’apprenants en restant dans le cadre d’une évaluation formative.

Les expériences montrent  que loin d'être complaisants envers leurs pairs, les étudiants se montrent exigeants. On a constaté que la corrélation est importante entre la notation des étudiants et de l’enseignant, mais d’un point de vue pédagogique il n’est pas possible de considérer les notes des étudiants comme valides sans une validation de ces notes par un enseignant. Différentes méthodes existent pour assister un enseignant dans la validation des notations des étudiants et pour pondérer les notes des étudiants. Par exemple, la « Peer rank method » de Walsh considère que la notation d’un étudiant ayant de bonnes notes a plus d’importance que celle d’un étudiant ayant de mauvaises notes.

 

Pour en savoir plus:

 

LA METHODE MAZUR

 Eric Mazur, professeur d’Harward a initié la méthode « Peer instruction » et l’utilise avec succès depuis 20 ans. En 1997, Mazur publie sur ce sujet Peer Instruction: A User's Manual.

Pour résumer les différentes étapes de sa méthode :

L’enseignant construit son cours en partant des questions que ses étudiants lui ont transmises au préalable, après avoir consulté des documents de référence (texte, vidéos…).

Il fait une brève présentation magistrale puis il pose une question pour laquelle il propose différentes solutions possibles.

Chaque étudiant répond individuellement avec un « télévoteur » et se prépare  à expliquer son choix.

L’enseignant affiche les résultats et la dispersion des réponses dans le groupe. Il peut juger du niveau de compréhension des étudiants.

Les étudiants doivent ensuite  convaincre leurs voisins de la justesse de leur choix.

Les étudiants votent à nouveau, les résultats de ce nouveau vote permettent à l’enseignant de prendre connaissance une seconde fois du niveau de compréhension

L’enseignant présente le résultat du nouveau vote, explique la bonne réponse et déconstruit les raisonnements erronés qu’il a pu entendre. Si la majorité des étudiants ont choisi la bonne réponse, l’enseignant passe au  concept suivant.

 

Pour en savoir plus :

 

Rendre les cours plus interactif 

On voit se développer actuellement l’utilisation des « télévoteurs » en particulier dans les cours en amphithéâtre. L’enseignant pose une ou des questions, les étudiants répondent en se servant d’un dispositif portable (télévoteurs) ou d’une application pour smartphone ou portable. Une représentation graphique des réponses données illustre immédiatement les résultats et peut être partagée avec les étudiants  puis exploité par l’enseignant.

Ce type de dispositif réponds à la préoccupation de rendre actifs les étudiants lors des enseignements magistraux (en particulier en grand groupe) et permet d’avoir des indicateurs sur l’atteinte des résultats d’apprentissage.

Les recherches sur l’impact de ce type de dispositif montrent qu’il contribue à augmenter les interactions et le niveau d’intérêt des étudiants. La rétroaction immédiate peut permettre à l’enseignant de s’ajuster aux besoins des apprenants.

La technique rend de plus en plus accessible la mise en œuvre de ce type de dispositif, il  reste néanmoins à prévoir un temps de préparation pour l’enseignant afin de rédiger les questions pertinentes. 

 

Pour en savoir plus:

 

Le portfolio, un outil d'évaluation

Le portfolio peut être un outil d’évaluation des apprentissages même s’il ne se limite pas à cette fonction. Il constitue dans ce cadre un répertoire des travaux effectués par l’apprenant, fournissant ainsi des preuves de ses apprentissages et de ses compétences. Il est souvent commenté par l’étudiant dans une perspective formative. Dans un portfolio d’évaluation des apprentissages, l’accent est mis sur les productions en tant que preuve mais également sur le processus suivi par l’étudiant pour atteindre sa production et sur sa progression lors de la production des travaux.

Pour en savoir plus:

 

Les grilles d'évaluations "critériées"

L’utilisation des grilles d’évaluation critériées (ou rubrics) permet de diminuer la subjectivité de l’évaluation (sans la réduire à néant).

Le principe de ce type de grille d’évaluation est d’établir une correspondance entre d’une part le résultat d’une tâche demandée et d’autre part des critères de qualité, accompagnés d’une échelle avec plusieurs degrés de performance.

Ces grilles d’évaluation peuvent être employées  dans le cadre d’une évaluation certificative mais également comme outil d’auto-évaluation ou pour une évaluation par les pairs.

Il existe plusieurs sources sur le sujet avec des exemples précis de grilles.

 

Témoignage : un semestre d’études Erasmus au Danemark

Au cours de son semestre Erasmus à l’Université Technique du Danemark (DTU), Florent Gornes a  pu  expérimenter des méthodes d’apprentissage qui diffèrent de celles de l’INSA Toulouse et il lui a  semblé important de les partager.

Témoignage : un semestre d’études au Canada

Maxime SEMAT, étudiant en 3° année IMACS et menbre de la CIP, vous propose de vous présenter le mode de fonctionnement d’une université nord-américaine typique : l’Université de Western Ontario, au Canada. Les pratiques pédagogiques différentes qu'il y a expérimentées sont intéressantes à faire  partager.

 

La motivation des étudiants

Je vous invite à lire sur ce sujet un ouvrage de Rolland Viau (2006). Il y expose les déterminants essentiels de la motivation, comme la perception de sa compétence, la perception de la valeur d’une activité et la perception que l’étudiant a du degré de contrôle qu’il a sur une activité. Il remet également de l’ordre entre indicateurs et déterminants de la motivation.

Viau, R. (2006). La motivation en contexte scolaire. Bruxelles: De Boeck Université.

 

Rendre les étudiants actifs…

Comment « mobiliser » de façon prolongée un « amphi »d’étudiants, comment éviter qu’ils remettent à plus tard l’étude de la matière (la dernière semaine avant le partiel), comment augmenter leur motivation à savoir leur implication et leur persévérance ?

Un article d’une communication du 23° Colloque de l’AIPU traite les résultats expérimentaux d’une méthode d’enseignement nommée CAMEL, cette méthode  peut donner des idées pour rendre les étudiants plus actifs.

 

Learning outcomes 

Le processus de Bologne a indiqué la nécessité de formaliser les acquis de formation dans l’enseignement supérieur afin de permettre une meilleure comparabilité des programmes de formation et donc la nécessité de définir des règles communes pour la rédaction de ce qui sera nommé « learning outcomes », objectifs (ou résultats) d’apprentissage.

Pour y voir plus clair sur ces « learning outcomes », deux documents.

Un  document de l’Institute of Technology de Colombie-Britannique, « Writing learning outcomes » synthétique et  pratique définit le terme, l’utilité de cette approche et propose des exemples d’objectifs d’apprentissage ainsi qu’une check-list pour aider à la rédaction.

Le second  document « Writing and using learning outcomes : a practical guide », plus complet, reprend  plus en profondeur les  principes de Bologne, propose également des conseils de rédaction et de nombreux exemples et pose la question du lien avec l’évaluation. Ce document aborde également les  problèmes potentiels que l’utilisation des « learning outcomes »  peut générer.

  

« Moi j’enseigne, mais eux apprennent-ils ? »

Cet ouvrage* de  Michel Saint-Onge, membre du Groupe de recherche-action de Performa à l'Université de Sherbrooke (Québec) rassemble un ensemble de réflexions sur la relation enseignant enseigné et sur la compétence professionnelle des enseignants.

L’auteur y présente en particulier huit postulats qui peuvent selon lui conduire parfois les enseignants à privilégier l’exposé magistral et à croire que ceux-ci sont efficaces.

Ces huit postulats sont repris dans un article du même auteur. 

 * Michel Saint-Onge, Moi j'enseigne, mais eux apprennent-ils ?, Lyon, Chronique sociale et Laval (Québec), Beauchemin, 1996, 3e éd.

 

Les cartes conceptuelles , un outil d'apprentissage

 Les cartes conceptuelles réalisées par les étudiants peuvent poursuivre différentes finalités pédagogiques. Avant un cours, elles servent à faire émerger les conceptions préalables des étudiants et à la fin d’un cours, elles permettent d’analyser les effets du cours sur la perception d’un concept par les étudiants.

Un numéro de la revue RESEAU du Service de Pédagogie Universitaire des Facultés universitaires de Namur en Belgique rend compte d’une expérience originale d’utilisation de la méthode des « cartes conceptuelles ».

 

Rendre les étudiants actifs dans un cours magistral 

Un texte de Anastassis Kozanitis paru sur le site de l'Ecole Polytechnique de Montréal (http://www.polymtl.ca ) décrit une série d’activités, courtes, adaptables à différents contextes qui ne nécessitent pas forcément une longue préparation et qui visent à rendre actifs les apprenants, soutenir leur motivation et développer leur sentiment d’appartenance.

 

Aider les étudiants à mémoriser

Un article de la revue RESEAU,  de Mireille HOUART,  vous explique clairement pourquoi et comment l'enseignant peut dans le cadre de son cours faciliter la tâche de mémorisation de ses étudiants et les aider à développer des techniques adéquates d’appropriation des cours.  

 

Le feedback aux etudiants

Une réflexion sur la pratique d’un « feedback centré sur l’apprentissage » dans diverses situations et qui suggère des pistes d’action sur ce moment particulier de communication pédagogique.  

Le texte est paru dans le site de l’UNIL, centre de soutien à l’enseignement de l’université de Lausanne.

 

Un dispositif d'évaluation formatif et Evaluatif

Présentation d'un dispositif d'évaluation mixte mis en œuvre dans un cursus d'ingénieur civil de la faculté des Sciences Appliquées (école polytechnique) à l'Université Libre de Bruxelles.

Ce dispositif semble résoudre la question du manque de préparation des étudiants avant un TP et  est perçu très positivement par les étudiants.

Le texte est paru dans le site de l’INRP (Institut National de Recherche en pédagogie), www.inrp.fr.

 

La gestion d'un grand groupe

Le numéro 52 de la revue RESEAU du  Service de Pédagogie Universitaire des Facultés universitaires de Namur en Belgique nous fournit quelques conseils pratiques pour réagir face à des comportements "perturbateurs" dans un grand groupe.

 

 Une revue d'articles sur la pédagogie

En septembre 2009, l’AIPU, Association Internationale de Pédagogie Universitaire a lancé RIPES, (Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur). C’est le nouveau nom de sa revue officielle dans sa version électronique. Son orientation est pluridisciplinaire et elle traite des problématiques touchant aux pratiques pédagogiques dans l’enseignement supérieur.

 

L'utilisation de l'humour

Le texte suivant trouvé sur le site de l'administration générale de l'enseignement et de la recherche scientifique de la communauté française de Belgique (http://www.enseignement.be)  traite des différentes modalités du rire dans la relation pédagogique, et des vertus et limites de l'humour.

 

Un lien vers une page de ressources sur ce sujet , trouvé sur le site de l'Université de l'état de Michigan ( http://fod.msu.edu/index.html )